Carnet de route

Une nuit au frigo...

Le 07/04/2026 par Capezzali Jean Pierre

Une nuit au frigo…

Loin d’imaginer en proposant cette activité quelque peu « originale » que je serais à « l’insu de mon plein gré » (Coluche) en situation d’encadrer une activité strictement féminine…

Je pouvais naïvement envisager  me trouver entouré de jeunes « mâles » en recherche de nouvelles expériences, ambitieux de compléter leurs compétences, leurs NA1/NA2, RSS, Carto et autres formations du domaine « sécurité/prévention ». Que nenni ! …

Petite réunion au club pour présenter l’affaire, évoquer les techniques inspirées par nos amies les taupes, diffuser des conseils pratiques, lister les matériels inutiles sans oublier les indispensables … et également entamer une thérapie pour rassurer les volontaires en leur précisant « qu’il n’y avait aucune raison pour que cela se passe bien ».

Malgré quelques appels du pied à une météo défavorable qui tarde à s’annoncer et, qui sait,  pourrait remettre cette affaire aux calendes Grecques, le covoiturage au Sénateur  se déroule sans perte de temps.

Aléa jacta est !... Une hivernale commence par un gros sac disait, en connaissance de cause, un certain Desmaison.

Nous arrivons au parking à l’heure ou ceux qui savent partir à l’heure et gérer leurs délais, regagnent leurs véhicules. Le groupe aux gros sacs du vieux GO attire quelques regards curieux.

Il est temps, nous nous hâtons lentement vers une destination encore mal déterminée en direction de vallons qui commencent à accumuler quelques nuages… Rassurées !! Vous dis-je…

Les groupies suivent, rapidement nous arrivons dans la « zone des combats » expression bien connue des initiés de la flore en milieu montagneux. Reste à choisir le site et l’orientation de la terrasse en vue du café « arrangé » de fin de soirée.

C’est au pied du mur que l’on voit le mieux le mur, après avoir posé sacs et skis, le ronronnement des pelles en action s’élèvent doucement dans le vallon. Qu’il est doux le pédagogique pelletage de la journée « sécurité », ce soir on prend conscience de l’intérêt de détenir une pelle efficace quand il est nécessaire de la sortir du sac. En face, dans les baumes de la barre, les chamois remisés s’interrogent sur cette présence tardive.

L’épaisseur de neige est conséquente et facile à travailler, c’est confortable et quelque part rassurant pour la suite, néanmoins mes compagnes fatiguent et s’impatientent de savoir si le nid douillet est enfin en mesure de recevoir ses quatre occupants. Tais-toi ! Et creuse…

Un superbe crépuscule salut la fin des travaux, le réconfort passe par le chuintement des réchauds et l’installation de la surface de sommeil. Premier constat, il fait  « plus chaud » dedans que dehors.

Quelques rapides finitions et aménagement du lieu, où même les dieux, vont avec du PQ.

J’ai la faiblesse de m’attarder dehors pendant que mes alter égo s’apprêtent pour la longue nuit, je m’insère dans le rang avec difficulté, un dernier conseil pour les chaussons et extinction des feux…

Nuit sans incident, nous ne sommes pas mouillés, pas ensevelis par l’effondrement de la voûte, même pas asphyxiés par manque d’air et l’eau n’a pas gelée dans la bouteille…

Tout fout le camp mes pauvres dames !!

J’ai, avec satisfaction, constaté une fois de plus  que seuls les messieurs ronflent de façon dérangeante, le sexe opposé, lui,  pratique avec mesure, délicatesse, mélodieusement. Ma légère surdité à des côtés confortables.

Le jour se lève, j’impose de faire les sacs au plus vite pour rejoindre la cabane que les occupants de la nuit ont eu la bonne idée de nous libérer. Notre petit déjeuner n’en sera que plus confortable. Après la dure épreuve de la nuit, retour au calme, commentaires et gymnastique contre l’onglée de l’imprudente qui manipule trop longuement sans gants.

Dernière séquence de cette brimade, je charge totalement au hasard quelqu’un de trouver la direction du parking par un itinéraire personnel.

La chute de neige de la nuit nous offre une descente souple et facile, nous évitant ainsi les risques d’une chute sous « lourde charge ».

Parking !! …

Je laisse mes  « victimes » agrémenter leur changement de tenue d’un vieux refrain de Patrick Juvet adapté en : « Où sont les hommes ??... »

Bon ! Les filles, c’est bien ! Mais pas de commentaires élogieux, vous pourriez vous en satisfaire…

JPC 290326.

PS : Pour nos jeunes générations :

-René Desmaison, grand alpiniste français des années 60/80

-Patrick Juvet, chanteur disco, populaire avec « Où sont les femmes »…

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